Échelle expliquée · Émotions
L’échelle d’alexithymie TAS-20
La Toronto Alexithymia Scale mesure une difficulté qu’on remarque rarement chez soi : savoir ce que l’on ressent, et réussir à le dire. Elle revient souvent dans les parcours de diagnostic de l’autisme.
Qu’est-ce que l’alexithymie ?
Le mot a été proposé au début des années 1970 par le psychiatre Peter Sifneos. Il désigne une difficulté à identifier ses émotions, à les distinguer des sensations du corps (une boule au ventre, une fatigue, une tension) et à les décrire aux autres.
Ce n’est ni une maladie ni un diagnostic : c’est un trait, présent à des degrés divers chez chacun. On estime qu’environ une personne sur dix en présente un niveau élevé dans la population générale.
Ce que mesure la TAS-20
La TAS-20 a été publiée en 1994 par Michael Bagby, James Parker et Graeme Taylor. Ses 20 affirmations se notent de 1 à 5, du désaccord complet à l’accord complet. Elles se répartissent en trois dimensions :
- Difficulté à identifier ses émotions (7 affirmations) : ne pas savoir ce que l’on ressent, confondre une émotion et une sensation physique.
- Difficulté à décrire ses émotions (5 affirmations) : peiner à trouver les mots pour dire ce que l’on ressent.
- Pensée tournée vers l’extérieur (8 affirmations) : s’intéresser aux faits concrets plutôt qu’à sa vie intérieure.
Comment se lit le score
Le score total va de 20 à 100. Les auteurs proposent trois repères :
- 51 ou moins : pas d’alexithymie.
- De 52 à 60 : alexithymie possible.
- 61 ou plus : alexithymie.
Ces seuils servent à la recherche. Pour une personne donnée, le détail des trois dimensions dit souvent plus que le total.
Alexithymie et autisme
Une méta-analyse publiée en 2019 trouve une alexithymie chez environ la moitié des personnes autistes, contre environ 5 % des personnes non autistes des mêmes études.
L’alexithymie n’est pas un critère de l’autisme. Mais elle l’accompagne souvent, et elle explique une partie des difficultés émotionnelles qu’on attribue parfois à l’autisme lui-même : ne pas reconnaître sa colère avant qu’elle déborde, ou peiner à dire ce qui ne va pas.
Limites à connaître
- Mesurer par un questionnaire sa propre difficulté à percevoir ses émotions a quelque chose de paradoxal : on répond avec la conscience que l’on a de soi, justement en cause.
- Un score élevé peut aussi accompagner une dépression ou une anxiété importante, et baisser avec elles.
- La TAS-20 ne dit rien, à elle seule, de l’autisme ni d’aucun autre trouble.
Où passer la TAS-20
La TAS-20 est protégée par le droit d’auteur : Neuro n’en reproduit pas les questions et ne la fait pas passer. Un psychologue peut vous la proposer et, surtout, interpréter le résultat avec vous. L’annuaire de Neuro recense les psychologues et neuropsychologues qui affichent une pratique TDAH ou TSA, département par département.
Références scientifiques
Bagby RM, Parker JD, Taylor GJ. The twenty-item Toronto Alexithymia Scale. I. Item selection and cross-validation of the factor structure. Journal of Psychosomatic Research, 1994 ;38(1) :23-32.
Consulter la publication sur PubMedKinnaird E, Stewart C, Tchanturia K. Investigating alexithymia in autism: a systematic review and meta-analysis. European Psychiatry, 2019 ;55 :80-89.
Consulter la publication sur PubMedVous vous demandez si vous êtes autiste ?
Le test TSA de Neuro s’appuie sur l’AQ-10, la RAADS-14, une mesure du camouflage social et un profil sensoriel – gratuit, anonyme, sans inscription. Il ne mesure pas l’alexithymie, mais il explore ce qui l’accompagne souvent.
Passer le test TSAQuestions fréquentes
Qu’est-ce que l’alexithymie ?
L’alexithymie désigne une difficulté à identifier ses propres émotions, à les distinguer des sensations du corps et à les mettre en mots. Ce n’est ni une maladie ni un diagnostic, mais un trait de personnalité, présent à des degrés divers chez chacun.
Comment se lit le score de la TAS-20 ?
Le score total va de 20 à 100. Les seuils proposés par les auteurs sont : 51 ou moins, pas d’alexithymie ; de 52 à 60, alexithymie possible ; 61 ou plus, alexithymie. Ce sont des repères de recherche, pas un diagnostic.
Quel lien entre alexithymie et autisme ?
Une méta-analyse de 2019 trouve une alexithymie chez environ la moitié des personnes autistes, contre environ 5 % des personnes non autistes. L’alexithymie n’est pas un signe de l’autisme en soi, mais elle l’accompagne souvent et explique une partie des difficultés émotionnelles qu’on lui attribue.
Peut-on passer la TAS-20 sur Neuro ?
Non. La TAS-20 est protégée par le droit d’auteur et Neuro n’en reproduit pas les questions. Un psychologue peut la faire passer et l’interpréter. Le test TSA de Neuro explore d’autres dimensions de l’autisme, dont le camouflage social et le profil sensoriel.